Julien Guill, metteur en scène de la Compagnie Provisoire.
« J’ai une formation d’acteur. J’ai découvert le travail de mise en scène de manière très concrète: d’un côté en menant des ateliers de pratique et de l’autre en créant diverses formes performatives. J’étais porté par mon désir de transmission du théâtre et par la nécessité de rencontrer du public — le plus de public possible. J’ai ensuite abordé le «métier» de metteur en scène avec une volonté de rupture. Je voulais casser les bases de ma formation d’acteur (conservatoire, école supérieure et dix ans de pratique). Je voulais rompre avec un certain classicisme. Pour ce faire, j’ai entamé la rédaction du « Manifeste pour un théâtre enragé » devenu aujourd’hui «Le Manifeste de la compagnie provisoire». Cela m’a permis de libérer mon imaginaire et de m’extraire des contraintes imposées par le lieu même du théâtre: la salle de spectacle avec son cadre de scène et tout son bagage technique (projecteurs, pendrillons, etc). J’ai préféré le cadre dramaturgique. Qu’est ce qu’on raconte? Comment on le raconte? À qui? Ces questions sont déterminantes. L’acte théâtral est défini alors par l’exploration des relations entre l’interprète, ses partenaires, le texte, les espaces et le public. Je suis donc sorti des théâtres pour expérimenter différents dispositifs scéniques d’immersion.